Le RN se trompe d’élection

Le RN se trompe d’élection

« Le Rassemblement national ne dissocie pas l’élection régionale de l’élection présidentielle ». Avec cette phrase, Madame Diaz, candidate du Rassemblement National à la présidence de la Nouvelle-Aquitaine, a tout dit. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le RN s’obstine à promettre aux Néo-Aquitains des mesures qu’il ne pourrait jamais mettre en œuvre puisqu’elles ne sont pas dans les compétences d’un Conseil régional.

Rien d’original d’ailleurs dans ses thèmes de prédilection : sécurité, immigration, immigration et sécurité, à tous les étages. Deux domaines hors des compétences régionales !

Et cela avec, en plus, des amalgames dont le RN a le secret. Durant la mandature, le groupe RN ont voulu dénoncer les subventions de la Région aux associations, aux ONG, coupables à ses yeux de financer l’immigration, voire même d’être complices des passeurs !  

Lorsque 36 migrants, soit 0,0002% de la population de Gironde, ont été accueillis à Hostens, l’indignation de la tête de liste était sans limite. Pour Madame Diaz, c’était Calais en Nouvelle-Aquitaine. 

Conseillère régionale depuis 2015, Madame Diaz dit connaître ses dossiers. Dont acte. Pourtant, fière d’avoir systématiquement voté contre toutes les aides pour la politique de la ville proposées par Alain Rousset, elle affirme aujourd’hui la nécessité d’engager des actions de politique de la ville. Un comble !

Le programme du RN en Nouvelle-Aquitaine? « Le changement ». Oui mais pour quoi faire ? Pour changer quoi ? On ne le sait pas.

On entend ce parti opposer sans arrêt le rural et l’urbain. Il a ainsi trouvé un concept : la « démétropolisation », sans doute au profit de la « ruralisation ». Compte-t-il organiser un exil forcé des ménages urbains vers la campagne ? Ce parti nie la réalité de l’action permanente d’Alain Rousset pour revitaliser les centres des bourgs ruraux, favoriser l’implantation d’entreprises en milieu rural pour créer de l’activité donc de l’emploi (exemple avec Symbiose à Pugnac, en Gironde).

La candidate RN est contre le projet d’achèvement de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc, contre la LGV vers le Sud mais pour le rétablissement du train de nuit Tarbes-Paris « La Palombe bleue » … A 31 ans, elle a une vision plutôt passéiste des transports.

Justement l’âge, c’est un reproche qu’elle fait à Alain Rousset même si « elle a beaucoup de respect pour lui… ». Comme le dit Bixente Etcheçaharreta « La jeunesse, ce n’est pas une question d’âge mais une question d’idées ». On attend toujours celles de la candidate…

Formée au vocabulaire de son modèle Marine Le Pen, elle accuse Alain Rousset d’être « européiste » et « mondialiste ». Là encore, comme sa cheffe lors du débat présidentiel de 2017, elle devrait réviser ses dossiers ! Elle verrait le visage de l’Europe dans les territoires – urbains ou ruraux – et tout ce que les fonds européens ont permis à la Nouvelle-Aquitaine de réaliser et comment Alain Rousset a su développer dans la région les PME, TPE et ETI pour y maintenir et y développer des emplois. C’est ainsi que 36 % des emplois industriels nets de France ont été créés en 2019 en Nouvelle-Aquitaine.

Pour le moment, Madame Diaz est en pleine opération parachutage, pour constituer sa liste de candidats et désigner ses têtes de listes.

Son souci, ce n’est pas la parité, un mot qu’on ignore au RN, se contentant, comme le dit Madame Diaz, d’avoir pour leader une femme.

Non, son souci est de caser ses amis au détriment des militants. En Dordogne, dans les Deux-Sèvres, en Charente et en Charente-Maritime, la grogne est patente et a pris la forme de démissions et d’un communiqué accusant Madame Diaz de préférer des « courtisans-candidats aux militants actifs locaux ». Voilà qui est de mauvais augure pour sa campagne…

Mais au fond, ce n’est pas le vrai sujet de Madame Diaz.

Bien qu’elle ait tenté sans succès d’être maire de Saint-Savin, puis sénatrice de Gironde, Madame Diaz vise la présidence de la Région Nouvelle-Aquitaine et « en même temps » le mandat de conseillère départementale du canton de Nord-Gironde. En fait, elle n’a pas la fibre d’une élue locale ou régionale. Elle a gravi tous les échelons pour faire partie du cercle rapproché de Marine Le Pen, dont elle est la groupie inconditionnelle et la copie conforme.

Pour elle, les élections régionales sont juste un tremplin vers son ambition nationale.

Cela explique pourquoi elle se trompe d’élection. Comme son parti d’ailleurs.

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