Bixente, un porte-parole engagé et bienveillant

Bixente, un porte-parole engagé et bienveillant

Depuis lundi 26 avril, Alain Rousset a choisi Bixente Etcheçaharreta, un trentenaire basque d’Itxassou, comme porte-parole de sa campagne.

La nomination s’est faite en direct, et a débuté par un fou rire général – Alain Rousset compris – quand Bixente, sous le coup d’une émotion légitime, a dit sa fierté de s’engager aux côtés d’Alain « Juppé » au lieu de « Rousset ». Bon ! Après tout, ce sont deux hommes d’Etat néo-aquitains… Bixente a rectifié avec humour « C’est ma première bourde, a-t-il dit en riant, mais aussi la dernière », et on le croit car il a toutes les qualités d’un bon porte-parole, un rôle exigeant qui requiert écoute, disponibilité, et parfois infiniment de patience et de diplomatie… mais fermeté et fidélité sur les messages.

Bixente saura répondre à toutes les questions, des plus essentielles au plus anodines, des plus « cash » aux plus perverses avec son égale bonne humeur, sa rigueur, sa bienveillance et son engagement pour les valeurs qu’il partage avec Alain Rousset.

Pour Bixente, « être le porte-parole de la campagne d’Alain Rousset, c’est un honneur et dans la période sombre que nous traversons, c’est une chance de pouvoir, à travers des projets d’avenir, tracer un chemin d’espoir pour tous les Néo-Aquitains ».

Bixente, quel est votre parcours ?   
Je suis natif d’Itxassou et mon enfance s’est déroulée, sur les hauteurs de l’Artzamendi,  dans une nature somptueuse, au milieu d’une culture forte et belle. J’ai poursuivi mes études au lycée de Navarre, à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans une ambiance familiale où les élèves, tous issus de milieux ruraux, ignoraient les clivages sociaux et le souci du « paraître ». Quand j’ai intégré le lycée Montaigne à Bordeaux pour une prépa aux grandes écoles de commerce, la transition a été brutale. C’est là que j’ai découvert le fossé qui séparait les jeunes urbains et les jeunes ruraux. Ceux des villes avaient les codes, les réseaux, les entrées, ceux des campagnes, comme moi, avaient surtout les complexes…. C’est de là que date ma découverte des inégalités, plus ressenties que réelles certes, mais entraînant une forme d’autocensure à prétendre jouer à armes égales avec les urbains.

Ce sentiment m’a poursuivi à Sciences-Po Paris, pour lequel j’avais finalement opté, s’effaçant peu à peu devant l’accueil et l’esprit bienveillant des étudiants et des enseignants. Il n’empêche, constater qu’il n’y avait pas beaucoup d’accents différents dans les grandes écoles m’avait fait comprendre l’importance de la mixité des origines, des racines, des cultures pour une construction de l’égalité des chances.

Cette prise de conscience, c’est la source de votre engagement ?
Absolument, mais je n’étais pas seul ! A l’origine des grandes aventures, il y a souvent une histoire d’amitié. C’est avec plusieurs anciens bacheliers du lycée de Saint-Jean-Pied-de-Port, sur la table d’un café parisien, que nous avons décidé d’agir en 2013. Malgré les belles écoles où nous étudiions, nous n’arrêtions pas de penser au « pays », à nos parcours auxquels nous n’étions pas du tout prédestinés, à notre envie de nous rendre utiles malgré la distance.

Assez naturellement, nous est venu l’idée de fédérer les étudiants et diplômés provenant du territoire, pour encourager les lycéens basques à oser davantage ces études qui génèrent tant d’autocensure chez nous alors que les résultats au baccalauréat y sont excellents !

Grâce au soutien d’entrepreneurs locaux, nous avons même pu lancer un dispositif de bourses qui est rapidement devenu significatif.

Il y a dans notre action une dimension éminemment sociale : faire émerger des talents, provoquer une respiration sociale. Mais il y a aussi une vision économique : l’élévation du niveau de formation permet de doter un territoire du capital humain nécessaire à une économie plus qualitative, à renforcer ses capacités d’innovation et de montée en gamme, essentiels pour la pérennité des emplois locaux.

Vos constats ne valent que pour le Pays Basque ?
Nous n’en avions pas conscience au début, mais il est apparu que la problématique était en réalité nationale. Des étudiants se sont mis à nous écrire des 4 coins de la France pour répliquer l’initiative et agir à leur tour sur leur territoire. Notre audition, par le Conseil Economique Social et Environnemental en 2016, a achevé de nous convaincre : nous avons lancé alors une fédération pour aider d’autres territoires à essaimer l’initiative, aujourd’hui présente dans une quarantaine de départements en métropole et en Outre-Mer.

Mais si les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur se retrouvent dans tous les territoires ruraux, on y retrouve partout aussi cette même volonté d’agir, de créer des solidarités locales, de resserrer les liens. L’égalité des chances est un outil très puissant pour construire le renouveau d’un territoire ! J’ai présidé cette fédération bénévolement jusqu’à mon engagement actuel, et parallèlement je poursuis une carrière professionnelle dans une institution financière publique en charge de la revitalisation des territoires.  

Pourquoi vous engager aux côtés d’Alain Rousset ?
Cela avait la force de l’évidence. Avez-vous déjà entendu Alain Rousset parler de la Nouvelle-Aquitaine ? Il y a toujours, lorsqu’il s’exprime, l’énumération précise et riche de telle ou telle production locale, comme un dictionnaire amoureux de la Nouvelle-Aquitaine. Alain Rousset incarne cette région, il en a la passion et elle est communicative ! Je suis sensible aussi à son parcours personnel, qui l’a conduit d’une famille ouvrière à Sciences Po puis à la présidence de la plus grande région de France. Il sait, pour l’avoir vécu, les difficultés de l’ascension sociale. Il porte une grande attention à donner une perspective aux jeunes Néo-Aquitains dans le contexte actuel.

Notre première vraie rencontre s’est faite il y a environ 3 ans, à la Maison de Nouvelle-Aquitaine à Paris. Nous avions organisé un évènement pour mobiliser les étudiants néo-aquitains autour de l’égalité des chances. Nous ne nous connaissions pas et pourtant Alain Rousset était venu spécialement ! Cela m’a interpellé ! J’ai ensuite appris à le connaître et à l’apprécier. Parfois quand Alain Rousset parle, il emploie les mots qui sont dans ma tête, c’est une vibration assez incroyable !

Est-ce qu’on peut être Basque et Néo-Aquitain ?  
Basque, c’est une identité forte, mais les Béarnais, Landais, Charentais, Corrézien… ne sont pas en reste ! Cette revendication des racines est un point commun de tous les Néo-Aquitains. C’est une force qui leur permet de se projeter sur leurs complémentarités et leurs synergies possibles pour forger une communauté, un espace de dialogue et d’échange, la région Nouvelle-Aquitaine. Le trait d’union de ces identités, c’est en quelque sorte le « panache » : on est fier de ce que l’on est, et c’est en s’appuyant sur ces acquis que l’on peut choisir où l’on va et construire l’avenir. Donc, oui : je suis Basque et Néo-Aquitain !

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